VisualDon · 2026 · Étude longitudinale

La montée de
l'extrême droite

Cartographie d'un basculement européen — 1900 à 2026.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les partis d'extrême droite reconquièrent terrain et parlements. Ce projet retrace, élection après élection, leur progression à travers le continent — et ses échos en Suisse.

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Photo · PEGIDA, Dresde, 2015

Chapitre 1

Le continent qui bascule

De la marginalité de l'après-guerre aux portes du pouvoir : l'extrême droite européenne en cinq dates clés.

1900

Pays sélectionné

Pays

Répartition des partis

    Chapitre 2

    Et la Suisse, dans tout ça ?

    Depuis les années 1990, l'UDC augmente globalement dans le paysage politique helvétique. Incident par incident, canton par canton.

    2026

    Canton sélectionné

    Canton

    Répartition des partis

      Chapitre 3

      Aux fédérales 2023, l'extrême droite surperforme en campagne

      Pour chaque canton, le score de l'extrême droite (UDC, EDU, Lega, SD) dans son chef-lieu comparé au score dans l'ensemble du canton. Les élections fédérales offrent la seule comparaison standardisée à l'échelle nationale ; le phénomène ville/campagne se vérifie également aux cantonales.

      Lecture : chaque colonne est un canton, classé par score d'extrême droite. Le point noir marque le chef-lieu (ville), le vert le canton entier (incl. campagne). Plus le vert est au-dessus du noir, plus la campagne vote à l'extrême droite. Le ratio au milieu indique combien de fois la campagne vote plus à droite (ex : 1.5x).

      Source : OFS, Élections au Conseil national 2023 — force des partis par commune. Les fédérales sont utilisées car elles constituent la seule élection standardisée à l'échelle nationale ; ce clivage ville/campagne se confirme aux élections cantonales.

      Chapitre 3 · suite

      Et selon la langue, le vote change-t-il ?

      Score moyen de l'extrême droite par région linguistique, fédérales 2023. Suisse alémanique, Suisse romande, Suisse italienne — comparées sur le même indicateur.

      Lecture : chaque point est un canton, la marque épaisse indique la moyenne simple de la région.

      Biais : les cantons plurilingues (BE, FR, VS, GR) sont entièrement attribués à leur langue majoritaire officielle. Or, environ un quart des bernois·es est francophone, et la moitié des fribourgeois·es ou des valaisan·nes peut basculer dans la catégorie opposée. Cette simplification gonfle légèrement le score alémanique et, à l'inverse, lisse le score romand.

      Source : OFS, élections fédérales 2023 — moyenne simple par canton (non pondérée par la population).

      À propos

      Notre parti pris

      L'extrême droite n'est pas une opinion comme une autre. Partout en Europe, elle progresse en banalisant le racisme, en désignant des boucs émissaires et en rongeant, scrutin après scrutin, les garde-fous démocratiques. Ce projet n'est pas neutre : il documente cette progression — en Suisse et chez ses voisins — pour rendre visible ce qui se joue derrière les pourcentages.

      Notre démarche est à la fois exploratoire et explicative. Explorer pour comparer les trajectoires : y a-t-il une vague de fond, ou certains pays résistent-ils ? Expliquer en reliant les courbes électorales aux moments qui les nourrissent — crises migratoires instrumentalisées, paniques sécuritaires, fragilités économiques.

      Ce que disent les chiffres

      Le vote d'extrême droite n'est plus un épiphénomène. En France, en Allemagne, en Autriche, en Italie — et en Suisse avec l'UDC — il pèse désormais entre 15 % et 30 % des suffrages. Replacer ces scores dans le temps long montre qu'il ne s'agit pas d'un accident, mais d'une tendance lourde, normalisée par la répétition.

      Ce que disent les actes

      Derrière les pourcentages, il y a des actes : propos racistes banalisés, affiches xénophobes, agressions, liens assumés avec les milieux identitaires. Nous documentons ces dérapages — notamment via le registre Wall of Shame — pour rappeler que ces votes ont des conséquences concrètes sur la vie des personnes visées.

      Sources de données

      • ParlGov

        Infrastructure de recherche sur les démocraties de l'UE et de l'OCDE (1900–2023) : environ 1 700 partis, 1 000 élections et 30 pays. Utilisée en science politique comparative.

        parlgov.fly.dev ↗
      • Manifesto Project

        Codage systématique des programmes électoraux pour mesurer le positionnement idéologique des partis sur l'axe gauche-droite. Projet de référence du WZB Berlin.

        manifesto-project.wzb.eu ↗
      • Wall of Shame

        Registre citoyen maintenu par Rebel Suisse documentant les dérapages de l'extrême droite en Suisse, avec un focus particulier sur l'UDC.

        nopasaran.ch ↗
      • OFS — Statistique suisse

        Données sur les cantons et les résultats des élections fédérales pour l'analyse ville/campagne et par région linguistique.

        bfs.admin.ch ↗

      Biais et limites

      • Définition variable. La notion d'« extrême droite » n'est pas universelle : elle varie selon les chercheurs, les médias et les pays. Certains partis se situent à la frontière entre droite conservatrice et extrême droite.
      • Comparabilité. Les systèmes électoraux diffèrent d'un pays à l'autre (proportionnel, majoritaire, mixte), ce qui rend les comparaisons directes délicates.
      • Couverture temporelle. Les données ne remontent pas toujours aussi loin dans tous les pays ; les partis changent de nom, fusionnent ou se scindent au fil du temps.
      • Abstention. Les résultats ne reflètent que les votes exprimés et non l'opinion de l'ensemble de la population.

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